Pensionnaire de DH (troisième niveau national), le CPB Bréquigny joue la montée en D2 cette année. Après une belle victoire hier contre Plérin (5-0), les Rennaises entrevoient les matches d’accession. Parmi les filles qui façonnent ce succès se trouve Félicie Chiaruttini. Portrait. 

Si le CPB Bréquigny pointe en deuxième position au classement et n’a encaissé que 9 buts après 17 matches de championnat, il le doit en partie à son arrière gauche : Félicie Chiaruttini. Âgée de 22 ans, cette fan de Marcelo nous raconte son parcours et son amour du football qui dure depuis toute petite.

« J’ai commencé à jouer à l’âge de 7 ans à Saint-Sulpice (35), dans ma campagne. Mon frère s’était inscrit et ça m’a donné envie. Jusqu’à mes 13 ans, j’ai joué avec les garçons avant de signer à l’ASPTT Rennes où je suis restée deux saisons avant de découvrir Bréquigny. », explique la jeune joueuse.

« Les moqueries on les calme avec des tacles ! »

C’est en subissant les moqueries des garçons des équipes adverses que Félicie s’est forgé un mental à toute épreuve : « En étant la seule fille, j’étais protégée. Dans mon équipe l’ambiance était très respectueuse. C’est plus chez les adversaires où j’entendais souvent « Il y a une fille, ça va être facile ». Je lâchais quelques tacles bien musclés et ne les entendais plus ! », lâche t-elle avant d’ajouter : « C’était forcément plus dur mentalement avec les critiques. J’ai dû muscler mon jeu et me forger un mental qui me sert quotidiennement aujourd’hui. » Du mental il lui en faut justement pour réussir à concilier les trois entraînements hebdomadaires à son master MEEF professeur des écoles : « Ça fait un moment que j’ai ce rythme, ça ne me pose aucun problème », précise-t-elle.

En quittant l’ASPTT pour le CPB Bréquigny, Félicie a changé de monde et découvert un niveau forcément plus élevé : « On n’osait pas trop se le dire en début de saison mais là l’objectif est clair, on veut monter. Tout le monde a envie de ça, le club est à fond derrière nous. » À son arrivée au CPB, la jeune femme a pu constater le rapport privilégié du club avec la Coupe de France : « C’est dans l’ADN du club. Les équipes masculines et féminines sont très proches, ça booste forcément ! »

C’est en Coupe justement que le CPB a signé ses plus gros exploits notamment l’an dernier après s’être offert une D2 en Coupe de France (Rouen), et un succès quelques semaines plus tard en Coupe de Bretagne contre la réserve guingampaise, éternelle rivale. « Contre Rouen c’était magnifique, c’est l’un de mes plus beaux souvenirs. Battre Guingamp en finale de la Coupe de Bretagne c’était chouette parce qu’on a toujours du mal contre elle. Cette année elles nous ont encore battu et sont premières de la poule. », confie-t-elle.

Contre l’équipe une d’En Avant, il n’y avait pas eu d’exploit (0-4) mais une belle fête : « C’était dur, très dur. Il y avait une grosse différence. Après on a eu la balle du 1-1 mais physiquement on a craqué après la pause où on n’avait qu’un but de retard. »

Quand on évoque avec elle la réussite de Corinne Diacre (Clermont), première femme à entraîner dans le monde professionnel masculin, Félicie savoure : « C’est important ce qu’elle fait, elle a de bons résultats et c’est forcément positif pour le football féminin. Il faut avoir du caractère. Je me souviens qu’elle a viré des joueurs qui se moquaient à son arrivée. Elle a bien fait ! »

À 22 ans, la jeune joueuse sait qu’elle doit encore progresser pour viser plus haut : « Je vois la différence, je progresse. Mais j’ai encore beaucoup de secteurs de jeu à améliorer. » Quand on lui demande si elle a un message à faire passer pour toutes les filles qui hésitent à se lancer par peur, Félicie y va les deux pieds décollés : « Les moqueries on les calme avec des tacles ! Faut se lancer, c’est un sport d’équipe, on combat les moqueries ensemble. On devient une famille c’est chouette. » Voilà qui est clair comme l’horizon de cette fin de saison qui s’annonce comme une réussite.

Le quizz du Stadiumer :

Quel est ton joueur préféré ? Et pourquoi ?

Marcelo (Real Madrid). Il joue au même poste que moi donc forcément je m’identifie. Il apporte beaucoup offensivement et dispose d’une technique au dessus de la moyenne.

Quel est ton entraîneur préféré ? Et pourquoi ?

Jocelyn Gourvennec (entraîneur des Girondins de Bordeaux). C’est un mec bien, il bosse dans l’ombre. Il s’adapte très vite et change de style de jeu selon les environnements où il bosse. Ce qu’il fait cette année à Bordeaux est juste fou (4e avant Lyon-Monaco hier soir).

Qu’est-ce qui fait la « beauté » du foot amateur ?

Ce que je préfère c’est la proximité avec les supporters, les gens du club. Ici, l’ambiance est magnifique. On est une vraie famille, c’est génial.