Ce dimanche, la réserve du Stade Briochin s’est qualifiée pour les demi-finales de la Coupe de Bretagne, en battant Plérin (2-0). A cette occasion, Saint-Brieuc a pu s’appuyer sur l’expérience de son gardien de but Aly Yirango. L’international malien a terminé 3e de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), en 2013, et est passé par Marseille et Guingamp. 

Décidément, la forteresse briochine est imprenable. Pour la troisième rencontre consécutive en Coupe de Bretagne, Saint-Brieuc n’a pas encaissé le moindre but. Une performance que le Stade Briochin doit à sa défense et notamment son gardien de but Aly Yirango (23 ans). « Les matchs de Coupe ne sont jamais faciles, indique-t-il. C’est pour cela qu’on ne se projette pas et que l’on prend match après match. » La culture de la Coupe, voilà ce qui a forgé le parcours du jeune homme.

« Le Stade Rennais voulait me prendre »

Né à Bamako (Mali), Aly Yirango effectue l’ensemble de ses classes au sein du club local de Djoliba. En 2009, le jeune garçon traverse pour la première fois la Méditerranée afin de se rendre au Mondial des équipes nationales et des clubs, réservé aux moins de 16 ans, à Montaigu (Vendée). « Là-bas, j’ai été repéré par le Stade Rennais. Ils m’ont dit qu’ils voulaient me prendre mais ça ne s’est finalement pas fait », signale Aly Yirango. De retour au Mali, il continue à travailler.

Durant un an, Aly Yirango (à gauche) a côtoyé Steve Mandanda à l’Olympique de Marseille.

Après avoir remporté plusieurs Coupes du Mali et avoir été distingué meilleur joueur du championnat, il est contacté pour réaliser un essai à l’Olympique de Marseille. Le test est concluant. A 18 ans, Aly Yirango rejoint l’OM afin de « finir sa formation ». Alors qu’il garde quelques matchs les buts de l’équipe réserve, il côtoie au quotidien Steve Mandanda et les frères Ayew. « Malgré l’aide de Charles Kaboré (international burkinabé), c’était dur d’évoluer loin de ma famille et de mes amis », confie-t-il.

« La Bretagne est une terre de foot »

Au terme de son aventure phocéenne, Aly Yirango prend la direction de la Bretagne. « Guingamp m’a contacté car ils avaient besoin de moi. A l’été 2014, j’ai signé un contrat pro d’un an. » Là encore, le jeune gardien va devoir se contenter d’une dizaine de matchs en réserve. « C’est très dur de gagner sa place lorsqu’on est gardien, souffle-t-il. Il faut avoir la confiance de l’entraîneur et beaucoup travailler. Mais ces deux expériences pros m’ont permis de progresser surtout sur le plan mental. »

Aujourd’hui, Aly Yirango défend les couleurs de Saint-Brieuc en DH.

Blessé à la cheville, il est écarté des terrains pendant plusieurs mois. Après une pige à Challans (CFA2), il retrouve les Côtes-d’Armor en début d’année. « Mon agent m’a proposé de venir à Saint-Brieuc. Je voulais retrouver des sensations donc je n’ai pas hésité. Et puis, la Bretagne est une terre de football. J’aime être ici ! »

Aujourd’hui, Aly Yirango garde dans un coin de sa tête l’idée de retrouver la sélection malienne avec laquelle il a terminé 3e de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), en 2013. « Je n’oublierais jamais ma première sélection contre le Ghana (en 2015). C’était une très grande fierté et un honneur pour la famille. » En attendant de retrouver les Aigles du Mali, Aly sait qu’il doit être performant en club et gagner des trophées. La Coupe de Bretagne peut-elle marquer le début de son retour vers les sommets ?

Maxime BARON.

 

Le quizz du Stadiumer :

Quel est ton joueur préféré ? Et pourquoi ?

Gianluigi Buffon (Juventus Turin). Depuis mon enfance, je le vois sur un terrain ! Sa longévité est impressionnante. Encore aujourd’hui, il montre sa personnalité et évolue à un super niveau. Pour moi, c’est une légende !

Quel est ton entraîneur préféré ? Et pourquoi ?

Ronald Thomas (entraîneur des gardiens à l’En Avant de Guingamp). C’est grâce à lui que j’ai le plus progressé. Je ne l’oublie pas.

Qu’est-ce qui fait la « beauté » du foot amateur ?

(Il sourit) Il faut passer par le foot amateur pour grandir… Le chemin est très difficile avant d’entrevoir le monde pro. Cela t’aide donc à devenir costaud mentalement.