Depuis le début des années 2000, Stéphane Ledan (49 ans) est le président de l’Union Sportive de Bourgbarré (Ille-et-Vilaine). Entre la reconstruction du club et la formation des jeunes, en passant par les actions mises en place, Stéphane Ledan se confie.

Stéphane Ledan, l’US Bourgbarré véhicule l’image d’un club en pleine spirale positive. Comment l’expliquez-vous ?

Depuis quinze ans, moi et mon équipe s’efforçons de reconstruire le club. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’il était en perdition mais je pense qu’il n’était pas tourné vers l’essentiel, c’est-à-dire l’école de foot. Pour moi, un club c’est avant tout une école de foot. Et après, les équipes au-dessus… Des personnes qui gravitent au sein de nos entourages sont venues renforcer le club, c’est une satisfaction.

D’année en année, votre équipe première progresse (elle évolue au plus haut niveau de district). L’objectif est-il de parvenir au niveau régional ?

Oui, on est des compétiteurs (sourires). Après, on ne veut pas que ça soit fait n’importe comment… On voulait faire monter notre équipe réserve (D3) afin qu’il n’y ait pas trop de division d’écart entre les deux. C’était une manière aussi d’amener de la concurrence. Pour cette année, on a échoué donc c’est une petite déception. Il y a un bon groupe mais il reste encore beaucoup de travail à faire au niveau de la cohésion. Sur les derniers matchs, malgré les renforts de la B, on a bien vu que tout le monde n’allait pas dans le même sens. A l’avenir, il faudra certainement un peu moins faire dans le social et se montrer plus directif.

Nombreux sont les jeunes formés au club au sein de cette équipe, est-ce votre plus grande fierté ?

Bien sûr. On accorde beaucoup d’importance à l’école de foot et aux jeunes qu’elle forme. Nous sommes très fier de voir l’équipe première aujourd’hui composée à 80% par des jeunes issus du club. La formation, c’est le fil conducteur de l’US Bourgbarré. On n’a pas le standing d’un club huppé alors on profite des amitiés de chacun de nos jeunes et de leur expérience pour faire grandir l’équipe.

Des moyens sont-ils également mis à disposition ?

Oui. Déjà on a un gros atout en terme d’infrastructure, c’est notre terrain synthétique. Pour une commune comme la notre, ce n’est pas courant. Grâce à cet apport, on peut s’entraîner tout le temps et jouer tous nos matchs sans jamais les reporter. Ensuite, nous avons un éducateur professionnel à temps complet.

L’équipe première de l’US Bourgbarré évolue en District 1.

Chaque année, un tournoi jeune (U9 à U13) et un programme d’échange avec un club anglais viennent renforcer cette dynamique…

Pour ne rien cacher, ce tournoi jeunes n’était pas ma priorité. Si cela se faisait, je voulais quelque chose d’original. Bon je trouve déjà qu’avec le nom (NDLR : Celti Cup), c’est pas mal (sourires). Concernant l’échange, il existe depuis 10 ans, mais il a été relancé voilà quatre ans maintenant. Il permet de créer une cohésion durant le passage des catégories jeunes (U13-U15). Cette journée est dédiée à des jeux, à des rencontres amicales et à découvrir une autre vision du football. L’an dernier, ce sont les mamans des joueurs qui se sont opposées, c’était un super moment ! A Londres, on a notamment visité quelques stades dont Stanford Bridge.

La saison prochaine, vous lancez une section féminine. C’est quelque chose qui vous tenez à cœur ?

On essaye de lancer les choses. Après, il faut qu’il y ait des joueuses qui viennent s’inscrire… Mais pour répondre à votre question, oui cela me tient à cœur car je trouve que le foot féminin apporte du dynamisme au sein d’un club. Il y a un véritable engouement en ce moment donc on essaye de répondre de la meilleure manière qui soit. Pour l’instant, les premiers retours sont plutôt positifs. On reçoit tout le monde donc rejoignez-nous !

Est-ce compliqué d’être président de club ? Est-ce que cela vous prend beaucoup de temps ?

Non ce n’est pas compliqué et non cela ne me prend pas beaucoup de temps mais, par contre, ça l’a pris à un moment donné car il y avait plus de besoins qu’aujourd’hui. Maintenant, tout se déroule plutôt bien, je peux donc déléguer pour assouplir mon rôle.

Propos recueilli par Maxime BARON.

Le quizz du stadiumer :

Quel est votre joueur préféré ? Et pourquoi ?

A l’époque, c’était Didier Deschamps. Pour sa combativité, sa hargne et son côté professionnel. Aujourd’hui, j’apprécie énormément Antoine Griezmann (Atletico Madrid) et Ousmane Dembele (Borussia Dortmund). Ces deux garçons ont un vrai sens du but !

Quel est votre entraîneur préféré ? Et pourquoi ?

Lucien Favre (OGC Nice). C’est quelqu’un qu’on entend pas beaucoup mais qui réalise de très belles choses. Des joueurs cadres sont partis l’été dernier et pourtant, l’équipe continue de tourner.

Qu’est-ce qui fait la « beauté » du foot amateur ?

Pour moi, c’est l’engagement des bénévoles. Ils véhiculent une très bonne image du football. Chez nous, ils sont 40 !